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Anxiété chronique : pourquoi ne pas attendre que ça passe tout seul

Par Resika Narain, hypnothérapeute certifiée RTT® à Belfort · Mis à jour : mai 2026

En bref : L’anxiété chronique disparaît-elle seule avec le temps ? Dans la majorité des cas, non. « Ça va passer » est la chose la plus souvent dite à soi-même, par les proches, parfois même par des professionnels de santé, face à une anxiété chronique, un burnout silencieux, un manque de confiance profond. Parfois c’est vrai. Souvent ça ne passe pas. Et l’attente elle-même a un coût qu’on ne calcule pas.


La logique de l’attente

Attendre que ça passe est la décision par défaut. Elle ne demande rien. Elle ne coûte rien, en apparence. Elle ne nécessite pas de se remettre en question, de chercher de l’aide, de dépenser de l’argent, de reconnaître que quelque chose ne va pas.

Et parfois, elle est justifiée. Un stress situationnel lié à un déménagement, une période de travail intense, une transition, peut effectivement se résoudre quand la situation change. Le temps fait son travail.

Mais l’anxiété chronique sans traitement, le manque de confiance ancré, les comportements automatiques qui sabotent vos efforts depuis des années : ces problèmes-là n’ont pas de mécanisme de résolution spontanée. Ce ne sont pas des situations, ce sont des schémas. Et les schémas, sans intervention, ont tendance à se consolider avec le temps, pas à se résorber.


Est-ce que l’anxiété chronique disparaît seule ? Ce qui se passe vraiment pendant qu’on attend

Les schémas se renforcent

Chaque fois qu’un schéma anxieux se déclenche et que vous l’évitez, en ne prenant pas la parole, en ne posant pas la candidature, en ne disant pas ce que vous pensez, l’évitement renforce le schéma. Le cerveau enregistre : « dans cette situation, la bonne réponse est de fuir. » La prochaine fois, l’évitement sera encore plus automatique.

C’est ce que les neurosciences appellent la potentialisation synaptique à long terme (long-term potentiation) : les circuits qui s’activent ensemble se renforcent ensemble. Les schémas que vous ne travaillez pas deviennent, littéralement, plus câblés.

La fenêtre d’opportunité se referme

Pas de façon définitive. Les adultes apprennent et changent à tout âge, c’est documenté. Mais les opportunités concrètes n’attendent pas. La promotion n’est proposée qu’une fois. La conversation qu’on n’a pas eue à temps laisse une relation se dégrader progressivement. Le projet qu’on n’a pas lancé finit par ne plus être d’actualité. Chaque mois d’attente représente des décisions non prises, des occasions manquées.

Les conséquences de l’anxiété chronique non traitée s’accumulent en silence

L’anxiété chronique non traitée est associée à une dégradation progressive de la qualité du sommeil, à une augmentation du risque cardiovasculaire, à une réduction des capacités cognitives, concentration, mémoire de travail, prise de décision, et à une plus grande vulnérabilité au burnout (McEwen, New England Journal of Medicine, 1998). Ces effets ne sont pas dramatiques à court terme. Sur plusieurs années d’attente, ils le deviennent.

L’identité se consolide autour du problème

C’est peut-être le coût le plus insidieux. Plus on vit longtemps avec un schéma, « je suis quelqu’un d’anxieux », « je n’ai pas confiance en moi », « c’est comme ça que je suis », plus il s’intègre dans la définition qu’on se donne de soi-même. Et plus il est intégré à l’identité, plus il est difficile à changer. Pas impossible. Mais plus difficile.


« Mais ce n’est pas le bon moment »

Cette phrase, je l’entends régulièrement. Et je la comprends parce que je me la suis dite aussi.

Il y a toujours une raison légitime pour que ce ne soit pas le bon moment : la charge de travail actuelle, les enfants, la situation financière, un projet en cours, la période de l’année, la prochaine étape à franchir d’abord.

Ces raisons sont réelles. Ce ne sont pas des excuses, ce sont des contraintes concrètes. Mais elles ont une caractéristique commune : elles seront remplacées par d’autres. Dans six mois, la charge de travail sera différente mais une autre raison aura pris sa place. Le « bon moment » est une promesse que l’avenir ne tient presque jamais spontanément.

Ce que j’observe en pratique : les clientes qui commencent dans des conditions imparfaites progressent. Celles qui attendent les conditions parfaites attendent souvent très longtemps.


Anxiété chronique : que faire concrètement, attendre ou agir ?

Il y a une distinction utile à faire entre l’attente passive et l’observation active.

L’attente passive : ne rien faire et espérer que ça se résorbe. Efficace pour les stress situationnels. Contre-productive pour les schémas chroniques.

L’observation active : prendre le temps d’identifier précisément ce qui ne va pas, de comprendre ses mécanismes, de chercher les ressources adaptées. Cela peut prendre du temps et c’est du temps bien utilisé.

Si vous lisez cet article, vous êtes probablement dans la phase d’observation active. Vous n’êtes pas en train d’ignorer le problème. Vous cherchez à comprendre si quelque chose peut vraiment changer, et ce qui pourrait vous y aider. C’est déjà différent d’attendre.


Pourquoi commencer maintenant change le calcul

Voici ce que signifie concrètement commencer maintenant plutôt que dans six mois :

Six mois de moins de nuits perturbées. Six mois de moins de décisions prises depuis la peur. Six mois de moins d’énergie dépensée à « tenir » plutôt qu’à avancer. Six mois de moins de distance avec ce que vous pourriez être, faire, ressentir.

Ce n’est pas de l’urgence artificielle. C’est de l’arithmétique.


Ce que « commencer » signifie concrètement

Commencer ne signifie pas s’engager sur un programme de six mois. Ça signifie prendre rendez-vous pour une première séance.

Une première séance RTT® à 60 € est déjà une vraie séance de travail. À la fin, vous savez ce qui entretient votre problème, comment nous allons le travailler, et ce à quoi vous pouvez vous attendre. Et vous décidez de la suite en connaissance de cause.

Si après cette première séance vous concluez que ce n’est pas la bonne approche pour vous, ou que ce n’est vraiment pas le bon moment, vous aurez quand même avancé dans la compréhension de votre situation et gagné du temps.


À Belfort et en Franche-Comté

Je reçois en cabinet à Belfort, accessible depuis la sortie A36 Belfort-Centre, depuis le Pays de Montbéliard (Montbéliard, Héricourt, Audincourt, ~25 min), depuis Delle et Giromagny (~20 min) et depuis Mulhouse (~45 min).

Les séances sont également disponibles en ligne, en français et en anglais, pour les personnes résidant en dehors de la région ou à l’étranger.

📅 Première séance à 60 € — sans engagement : resikanarain.com


Sources

McEwen BS (1998). Protective and damaging effects of stress mediators. New England Journal of Medicine, 338(3), 171–179. Lally P et al. (2010). How are habits formed: Modelling habit formation in the real world. European Journal of Social Psychology, 40(6), 998–1009.