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Plus elles réussissent, plus elles doutent. Le syndrome de l'imposteur touche précisément celles qui méritent le plus d'y croire.
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Syndrome de l’imposteur : pourquoi il touche plus fort les femmes qui réussissent le mieux

Par Resika Narain, hypnothérapeute certifiée RTT® à Belfort · Mis à jour : mai 2026

En bref : Le syndrome de l’imposteur  sentiment persistant de ne pas mériter sa place malgré des preuves objectives de compétence  a été décrit pour la première fois chez les femmes à haut niveau de réussite. Décennies de recherche plus tard, le paradoxe reste entier : plus les femmes réussissent, plus ce syndrome peut être intense. Cet article explique pourquoi, et ce qui permet réellement de le transformer.


Ce que c’est — et ce que ce n’est pas

Le terme a été introduit en 1978 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes dans un article fondateur publié dans la revue Psychotherapy: Theory, Research & Practice. Elles le décrivaient comme une « expérience intérieure de se sentir imposteur intellectuel » — la conviction profonde de ne pas être vraiment compétente, d’avoir trompé son entourage sur ses capacités, et d’être sur le point d’être « démasquée ».

Ce qui rend ce phénomène particulier : il résiste aux preuves. Les succès, objectifs, promotions, reconnaissances, résultats  ne le réduisent pas. Ils peuvent même l’amplifier, en augmentant les attentes perçues et la peur de ne plus pouvoir maintenir le niveau.

Une revue systématique publiée dans le Journal of General Internal Medicine (Bravata et al., 2020) portant sur 62 études impliquant plus de 14 000 participants a établi que la prévalence du syndrome de l’imposteur varie de 9 % à 82 % selon les populations et les outils de mesure avec des taux particulièrement élevés dans les environnements académiques, médicaux et dans les professions à haute exigence.


Pourquoi les femmes  et pourquoi celles qui réussissent le mieux

Dans leur article original, Clance et Imes avaient observé le phénomène « particulièrement intense » chez les femmes à haut niveau de réussite. Cette observation reste pertinente, même si la recherche contemporaine montre que le phénomène touche aussi les hommes souvent avec moins d’intensité et moins d’impact comportemental.

Plusieurs mécanismes expliquent cette vulnérabilité spécifique :

1.L’attribution différenciée du succès. Des décennies de recherche en psychologie sociale montrent que les femmes ont tendance à attribuer leurs succès à des facteurs externes (chance, timing, aide des autres) et leurs échecs à des facteurs internes (manque de compétence). Les hommes font généralement l’inverse. Cette asymétrie d’attribution nourrit directement le sentiment imposteur : « j’ai réussi par chance, pas grâce à moi ».

2.La double contrainte de la visibilité. Dans les environnements professionnels encore largement masculins  ce qui reste le cas dans de nombreux secteurs en 2026 les femmes sont simultanément plus visibles (comme exceptions) et plus scrutées. Cette hypervisibilité augmente l’enjeu perçu de chaque prise de parole, chaque décision, chaque erreur.

3.L’intériorisation des stéréotypes. Dès l’enfance, les filles reçoivent des messages implicites et explicites sur ce qu’elles sont « supposées » être bonnes à faire  et ce qui est « naturellement » réservé aux garçons. Dans les domaines techniques, scientifiques ou de leadership, le sentiment d’être « à sa place » doit souvent être construit contre ces stéréotypes intériorisés, plutôt qu’avec leur soutien.

4.Le perfectionnisme comme protection. Beaucoup de femmes souffrant du syndrome de l’imposteur ont développé le perfectionnisme comme stratégie de compensation : si je travaille assez dur, si mon travail est assez irréprochable, personne ne pourra me démasquer. Ce perfectionnisme est efficace à court terme, il produit d’excellents résultats. À long terme, il est épuisant et ne résout jamais le problème de fond, puisqu’il repose sur la même croyance : « je ne suis pas assez bien telle que je suis ».


Ce que le syndrome de l’imposteur coûte réellement

Au-delà de l’inconfort psychologique, ce syndrome a des conséquences concrètes et mesurables :

  1. Des opportunités non saisies. Candidatures non déposées (« je ne suis pas encore prête »), négociations évitées (« je ne mérite pas vraiment plus »), prises de parole refusées (« quelqu’un le dira mieux que moi »). Chacune de ces non-décisions a un coût financier et professionnel réel.
  1. Un épuisement chronique. Maintenir la façade demande une énergie considérable. Relire cinq fois un email. Préparer une réunion pendant trois heures au lieu d’une. Vérifier, revérifier, anticiper chaque question possible. Ce surinvestissement est une réponse à l’anxiété d’être exposée et il épuise, souvent sans que la personne le nomme ainsi.
  1. Un plafond de verre interne. Le syndrome de l’imposteur est souvent plus contraignant que le plafond de verre externe. Il pousse les femmes à refuser des promotions, à quitter des postes où elles excellent, à saboter des trajectoires prometteuses de l’intérieur.

Ce qui ne fonctionne pas  et ce qui fonctionne

Ce qui ne fonctionne pas : accumuler des preuves de compétence. Les personnes souffrant de syndrome de l’imposteur savent qu’elles ont des résultats. Ce n’est pas l’information qui manque. Ce qui manque, c’est la capacité à l’intégrer  à en faire une vérité sur soi-même plutôt qu’une exception provisoire.

Ce qui ne fonctionne pas non plus : les affirmations positives génériques. « Je suis compétente, je mérite ma place »  répété à voix haute face au miroir  entre en conflit direct avec la croyance inconsciente opposée, et déclenche souvent plus de résistance que de changement.

Ce qui fonctionne : travailler à l’origine de la croyance, pas sur ses effets. Le syndrome de l’imposteur est rarement une idée que la personne a choisie. C’est une conclusion qu’elle a tirée  souvent très tôt, souvent dans un contexte précis  et qui s’est généralisée. Retrouver ce contexte d’origine, comprendre pourquoi cette conclusion avait un sens à l’époque, et la mettre à jour depuis l’âge adulte : c’est ce que permet l’hypnothérapie et la RTT®.

En état hypnotique, l’accès aux croyances automatiques est facilité  non pas parce que l’inconscient « se rend », mais parce que la résistance du cortex préfrontal est temporairement réduite, ce qui permet de travailler à un niveau de traitement que les approches purement cognitives n’atteignent pas (Jiang et al., Cerebral Cortex, 2017).


Ce que mes clientes rapportent

Les changements les plus fréquemment évoqués après un travail sur le syndrome de l’imposteur :

  • Poser sa candidature à un poste qui aurait été « trop ambitieux » avant
  • Accepter une promotion qu’elles auraient auparavant déclinée
  • Prendre la parole en réunion sans préparer chaque phrase à l’avance
  • Recevoir un compliment sans immédiatement chercher pourquoi c’est faux
  • Faire une erreur sans que ça confirme qu’elles ne sont « pas à leur place »

Ces changements ne s’accompagnent pas d’une disparition de l’exigence ou de l’ambition. Ils s’accompagnent d’une source différente depuis laquelle ces qualités opèrent  moins la peur d’être démasquée, plus le désir de faire quelque chose qui compte.


À Belfort et en Franche-Comté

Le syndrome de l’imposteur est particulièrement répandu dans les environnements où les femmes sont en minorité structurelle : ingénierie, secteur automobile, industrie, encadrement technique. C’est précisément le profil des femmes avec lesquelles je travaille, qu’elles soient dans le bassin de Belfort, le Pays de Montbéliard, ou à l’autre bout du monde, en Australie, en Angleterre ou au Canada. La géographie ne change pas grand-chose aux schémas.

Je reçois en cabinet à Belfort, accessible depuis l’A36 (sortie Belfort-Centre), et en ligne pour les personnes résidant en dehors de la région ou à l’étranger.

📅 Première séance à 60 € : www.resikanarain.com


FAQ

Le syndrome de l’imposteur est-il une maladie ? Non. Ce n’est pas un diagnostic clinique mais un phénomène psychologique très répandu, décrit et étudié depuis 1978. Il peut coexister avec de l’anxiété ou du burnout, mais il ne constitue pas en lui-même une pathologie.

Les hommes en souffrent-ils aussi ? Oui, mais en général avec moins d’intensité et moins d’impact comportemental. La recherche originale de Clance et Imes (1978) portait exclusivement sur les femmes ; les études ultérieures montrent que le phénomène transcende le genre, mais reste plus intense et plus fréquent chez les femmes dans les environnements professionnels compétitifs.

L’hypnothérapie peut-elle vraiment aider ? Pour le syndrome de l’imposteur spécifiquement — oui, particulièrement lorsque les croyances limitantes sont ancrées profondément et résistent aux approches cognitives. La RTT® est adaptée à ce type de travail : identification de l’origine, déconstruction de la logique de la croyance, reprogrammation.


À propos de l’auteure

Resika Narain est hypnothérapeute certifiée RTT® à Belfort, praticienne en thérapie brève, spécialisée dans le syndrome de l’imposteur, l’anxiété de performance et le burnout chez les femmes actives.


Sources

  1. Clance PR & Imes SA (1978). The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention. Psychotherapy: Theory, Research & Practice, 15(3), 241–247.
  2. Bravata DM et al. (2020). Prevalence, predictors, and treatment of impostor syndrome: A systematic review. Journal of General Internal Medicine, 35(4), 1252–1275.
  3. Jiang H et al. (2017). Brain activity and functional connectivity associated with hypnosis. Cerebral Cortex, 27(8), 4083–4093.

Cet article a un but informatif. Il ne remplace pas un avis médical.